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Contenu du DVD

L'Homme à la caméra
  Le film
    . Générique
    . Résumé
    . Séquences
  Bonus DVD
    . Un si joli mot, le montage !
    . Une analyse du film
  Avertissement

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Bonus 1 DVD
Un si joli mot, le montage !
 
un film de Bernard Eisenschitz
France, 2003, 37 mm

Générique
Scénario et réalisation : Bernard Eisenschitz
Montage : Pauline Gaillard
Voix : Marie Borel, Pierre Léon
Mixage : Christophe Baudin
Conformation : Pascal Ouvrard
Chef opérateur : Nicolas Corbic
Production : SCÉRÉN-CNDP, 2003.

Résumé
A partir d'exemples choisis dans les films de Dziga Vertov et de ses contemporains, le réalisateur explore la façon dont les cinéastes soviétiques des années vingt, à la recherche d'un nouveau langage, ont expérimenté et utilisé le montage.
Bernard Eisenschitz explore et explique la façon dont les cinéastes soviétiques des années vingt ont utilisé le montage. Un si joli mot, le montage ! montre comment les différents courants de ce cinéma d’avant-garde ont travaillé cette technique jusqu’à la perfection. Cette analyse permet d’aborder un point essentiel d’histoire et d’esthétique du cinéma et de découvrir des œuvres, rarement montrées, de cinéastes majeurs.
La liste des films cités figure après celle des séquences.

Extraits de films de : Jacob Protazonov, Gregory Kozintsev, Léonid Trauberg, Evguény Slavinsky, S. M. Eisenstein, Mikhaïl Tchiaoureli, Dziga Vertov, Vesvolod Poudovkine, Nicolas Chpikovsky, Lev Koulechov, Abram Room, Boris Barnet © Arkeion Films.
Documents : Institut Roi de Sicile, Philippe Sers, Stedelijk Museum, Amsterdam, Musée russe de Saint-Pétersbourg, Musée du cinéma, Moscou. Tous droits réservés.
Musiques : Piotr Tchaïkovsky, Dmitri Chostakovitch, Nicolas Rostavets, Arthur Sourié, Alexandre Mossolov © Le Chant du Monde.

Séquences
1 [01.26] Avant le montage
Une scène du Père Serge de Jacob Protazanov : elle se déroule en un seul plan, selon un axe unique, sans coupe sinon les intertitres indiquant le dialogue. Tous les éléments du langage cinématographique sont là, sauf un : la succession et l’alternance des plans.
Citation: Le Père Serge.

2 [00.49] Un si joli mot, le montage !
Le mot est passé des techniques au langage courant. « Un si joli mot, le montage ! Il n’est pas encore à la mode mais a tout pour devenir en vogue. » (S. M. Eisenstein). Ce sont les jeunes cinéastes soviétiques qui, dans les années vingt, ont élargi l’acception technique de ce mot d’origine française, et l’ont placé au centre du processus cinématographique.
Générique du film.

3 [02.30] Les années vingt
La Nouvelle Babylone, film sur la guerre franco prussienne et la Commune de Paris, ancêtre de la révolution d’Octobre, a pour procédé narratif principal, le montage, arrivé à un point de perfection créatrice à la fin du muet. La musique en a été écrite par Dmitri Chostakovitch. Ses réalisateurs Kozintsev et Trauberg – qui ont publié à dix-sept et vingt ans leur manifeste de l’excentrisme – se sont baptisés FEKS (fabrique de l’acteur excentrique). L’art a changé de rythme et cette époque nouvelle a trouvé sa première expression dans le rythme.
Citations : La Nouvelle Babylone • Les Aventures d’Octobrine

4 [03.16] Les avant-gardes
Pour le poète futuriste Vladimir Maïakovski – qui a influencé l’adolescence de cette génération – le cinéma est la suite logique de la poésie moderne. En octobre 1917, il prend parti pour la révolution. Sa revue LEF devient le lieu où se retrouvent les avant-gardes : poètes futuristes, linguistes formalistes, constructivistes et cinéastes, dont elle publie les premiers manifestes.
Meyerhold, monte les pièces de Maïakovski et sera le maître de presque tous les cinéastes. L’art passe dans la vie. La révolution bouleverse le quotidien, la vie collective le visage de la ville. Le constructiviste Rodtchenko dessine les intertitres des actualités de Dziga Vertov.
Citations : La Demoiselle et le Voyou • Aelita • Journal de Gloumov • Khabarda • Kino-Pravda 21

5 [01.50] Dziga Vertov
Poète futuriste, Vertov a créé les actualités soviétiques. Avec son groupe, kinoks, il veut aller au-delà de l’enregistrement des faits et vise à déchiffrer la réalité. Des images d’archives le montrent avec ses deux sujets favoris : les enfants et les trains. Vertov découvre et systématise les règles du montage en travaillant sur des films tournés par ses opérateurs ou par d’autres.
Citations : Kino-Pravda 13 • Images d’archives tournées en 1918

6 [01.59] La Nouvelle politique économique (la Nep)
Mise en place par Lénine, avec un retour partiel au commerce privé, la Nep doit sauver l’économie du pays. Avec la Nep, c’est aussi le retour des films dit « bourgeois », poison idéologique aux yeux des politiques et des jeunes cinéastes. Même si Protazanov, retour d’exil, sait prendre l’air du temps dans sa superproduction Aelita (1924), il est rejeté par tous les jeunes cinéastes à commencer par Vertov.
Citations : Ciné-Œil • La Fièvre des échecs • Aelita

7 [03.46] Le Ciné-Œil
La même année, Vertov sort son premier manifeste filmé, le long métrage Kino-Glaz/Ciné-œil. Le ciné-explorateur (Vertov) et le ciné-opérateur (Mikhaïl Kaufman) prennent « la vie à l’improviste… sans acteurs, sans studios ».
Citations : « Comment l’illusionniste… gagne son pain » (dans L’Homme à la caméra) • Journal d’un pionnier : « Si la pendule tournait à l’envers, le pain retournerait à la boulangerie. »

8 [02.50] Koulechov et Poudovkine
À l’opposé de Vertov, Koulechov mène une autre réflexion sur le montage et analyse le découpage du cinéma américain en terme du montage. Il crée une géographie imaginaire en reliant des lieux éloignés. Pour lui le but du montage et du découpage « à l’américaine » est fonctionnel : il s’agit d’arriver à la plus grande efficacité, au plus grand dynamisme, à la plus grande clarté pour le spectateur.
Poudovkine, élève et acteur de Koulechov, poursuit et systématise sa réflexion. Le montage de Koulechov et Poudovkine est une construction, il s’agit de créer une continuité spatio-temporelle vraisemblable.
Citations : Les Aventures extraordinaires de Mister West au pays des Bolcheviks • La Fièvre des échecs

9 [02.56] S. M. Eisenstein
Venu du théâtre, Eisenstein veut créer des collisions, détruire le récit linéaire, produire des idées abstraites par le moyen du montage. Le « montage des attractions » trouve sa voie dans son premier long métrage, La Grève (1925). Dans le final, il met en parallèle la mise à mort des bœufs à l’abattoir et la fusillade de Mars, provoquant ainsi une impression d’horreur maximale.
Le Cuirassé Potemkine (1925) fait triompher le cinéma soviétique dans le monde. L’idée du montage comme écriture du cinéma s’impose. La dramaturgie traditionnelle est balayée et l’idée du personnage laisse sa place au type social.
Citations : Le Journal de Gloumov • La Grève.
Images : Le Cuirassé Potemkine • La Fin de Saint- Pétersbourg • La Mère • Octobre

10 [02.30] L’homme vivant
L’autre tendance du nouveau cinéma soviétique, celle d’Abram Rom dans Trois dans un sous-sol, s’intéresse aux rapports des individus sous le socialisme. Quant à Boris Barnet, dès son premier film, il construit son scénario à partir des comédiens, sans se soumettre aux lois du montage mais sans ignorer la leçon de Vertov.
Citations : Trois dans un sous-sol • Tempête sur l’Asie • La Maison de la place Troubnaïa

11 [09.37] Un cinéma de poésie
Vertov a lancé une condamnation sans appel sur toutes les œuvres de fiction. De film en film, la valeur documentaire des plans fait place chez lui aux associations imagées et verbales, au ciné-poème, où l’intertitre a la même valeur plastique et rythmique que les images.
Citation : La Sixième Partie du monde

12 [03.46] La fin des années vingt
Pour Kozintsev, le cinéma de ces années-là était un champ d’expérimentation. Une ère nouvelle commençait, c’est pourquoi ces années se révélèrent si fécondes pour la cinématographie.
Puis les cinéastes s’attaquent à Marx. Les réalisateurs de La Nouvelle Babylone ambitionnent de figurer les rapports de classes, les processus historiques, les possibilités révolutionnaires de la Commune de Paris.
Pour Eisenstein, l’art nouveau doit unir la sphère des sentiments et celle des concepts : « Du fait à l’image et de l’image à la notion. » Il envisage de filmer Le Capital et chante la collectivisation dans La Ligne générale (L’Ancien et le Nouveau).
Vertov lance avec L’Homme à la caméra, un manifeste « pratique et théorique ». Il ne sera pas seul dans sa recherche de la langue absolue : Iouli Raïzman, Mikhaïl Kaufman, Esther Choub, Nikolaï Chengelaïa, Serge Youtkévitch, Frédéric Ermler, Alexandre Dovjenko, Alexandre Medvekine… ont cherché eux aussi.
Bientôt, les polémiques entre tendances artistiques, méchamment caricaturées, vont devenir prétexte à répression. L’époque où le montage « était tout » n’a guère duré plus de cinq ans, entre la guerre civile et la normalisation du plan quinquennal. Vient bientôt celle où il est « tenu pour rien ».
Le rêve d’un cinéma rouage de la révolution, machine à changer la vie, à créer l’homme nouveau, sera récupéré par l’État totalitaire – qui n’en gardera que la composante de manipulation du spectateur, utile à la propagande.
Bien des cinéastes seront interrompus dans leur travail, dans leur talent, dans leur vie, dans leur rêve. Mais n’est-ce pas eux, qui ont voulu vivre l’utopie dans leur création, qui ont eu la plus belle part ?
Citations : La Nouvelle Babylone • Octobre • La Ligne générale (L’Ancien et le Nouveau) : séquence de l’écrémeuse • Kharbarda

Films cités dans Un si joli mot, le montage !
(par ordre alphabétique)

Aelita
Réalisation : Jakob Protazanov, 1924
Interprétation : Ioulia Solntseva.
© Arkeion

L’Ancien et le Nouveau (La Ligne générale) (Staroe i novoe – Generalnaia Liniya)
Réalisation : S. M. Eisenstein, 1926-1929
Interprétation : Marfa Lapkina
© Arkeion

Les Aventures de Mister West au pays des Bolcheviks
Réalisation : Lev Koulechov, 1924
Interprétation de l’extrait : Boris Barnet
© Arkeion

Ciné-Œil (Kino-Glaz)
Réalisation : Dziga Vertov (1924)
© Gaumont

La Demoiselle et le Voyou
(Barichnya i khouligan)
Réalisation : Evgueny Slavinsky, 1918
Scénario et interprétation : Vladimir Maïakovski.
© Arkeion

La Fièvre des échecs
(Chakhmatnaïa goriatchka)
Réalisation : Vsevolod Poudovkine, Nikolai Chpikovsky, 1925.
Interprétation des extraits : Anna Zemtsovza, Jakob Protazanov, Iouli Raïzman.
© Arkeion

La Grève (Statchka)
Réalisation : S. M. Eisenstein, 1925
© Arkeion

Journal de Gloumov
(Dnevnik Gloumova)
Réalisation : S. M. Eisenstein, 1923
Film inséré dans sa mise en scène théâtrale de Il n’est bon sage qui ne faille, d’après Ostrovski.
© Arkeion

Khabarda
(en géorgien : Hors du chemin !)
Réalisation : Mikhaïl Tchiaoureli, 1931
© Arkeion
Kino-Pravda n° 21 dite Kino-Pravda de Lénine (Leninskaïa Kino-Pravda)
Travail de Dziga Vertov, 1925
Générique : Alexandre Rodtchenko
© Gaumont

Kino-Pravda n°13 dite Cinq ans de lutte et de victoire
Réalisation : Dziga Vertov, 1922
© Gaumont

La Maison de la place Troubnaïa (Dom v Troubnoï)
Réalisation : Boris Barnet, 1928
Interprétation de l’extrait : Véra Maretskaïa, Boris Barnet
© Arkeion

La Nouvelle Babylone (Novii Vavilon)
Réalisation : Grigori Kozintsev, Léonid Trauberg, 1928.
Interprétation de l’extrait : Serguei Guerassimov, Lioudmila Semionova, Elena Kouzmina, D. Gutman, Andrei Kostrichkine.
© Arkeion

Le Père Serge (Otets Sergii)
Réalisation : Jakob Protazanov. 1917-1918
Interprétation de l’extrait : Ivan Mosjoukine, Vera Orlova.
© Arkeion

La Sixième Partie du monde
(Chestaïa tchast mira)
Réalisation : Dziga Vertov, 1926
Extrait : la deuxième bobine
© Gaumont

Tempête sur l’Asie
(Potopok Chingis-Khana)
Réalisation : Vesvolod Poudovkine, 1928
Interprétation : Boris Barnet
© Arkeion

Trois dans un sous-sol (Trétia mechtchanskaïa)
Réalisation : Abram Room (1927)
Interprétation de l’extrait : Nikolaï Batalov, Lioudmila Semionova
© Arkeion